origine et valeur des pieces de monnaie
Historiquement (depuis Aristote, qui, le premier, donne une définition de la monnaie), deux pratiques se sont succédées :
La première implique que la valeur de monnaie utilisée ait une valeur intrinsèque (commodity money). En fait, l'achat avec de la monnaie n'est alors considéré que comme un troc particulier. Beaucoup de supports ont servi de valeur de monnaie, puis au fil des siècles des métaux tels que l'argent et l'or se sont imposés, en effet ils répondent parfaitement aux critères de durabilité, de relative rareté et de divisibilité ; des substituts papier à cette monnaie peuvent aussi avoir cours (representative money).La seconde, qui est celle de l'ère moderne (abandon de l'étalon-or au cours du XXe siècle) mais qui apparaît très tôt, considère la monnaie comme une convention sociale : peu importe qu'elle n'ait aucune valeur intrinsèque (le papier-monnaie n'est que du papier, pratiquement inutilisable pour un autre usage que celui de monnaie) du moment que tout le monde l'accepte comme valeur de monnaie (de gré ou de force ...). On parle alors de monnaie fiduciaire, valeur (de fides : la foi, la confiance) ou de monnaie décrétée (fiat money).Paradoxalement, la nature même de la monnaie est une question peu étudiée par les économistes, à quelques illustres exceptions près : selon Karl Marx par exemple, elle représente seulement une valeur d'échange distincte de la valeur du travail qui a été nécessaire pour produire un bien (la différence étant accaparée par le propriétaire des moyens de production). Marx a consacré le chapitre 3 de son ouvrage Le Capital à cette question.Deux économistes, Michel Aglietta et André Orléan, analysent eux dans « La violence de la monnaie » (1982-84) trois phases « historiques » dans la constitution d'une monnaie :
L'évolution d'un produit couramment utilisé lors d'échanges en « marchandise universelle », servant à mesurer les valeurs de deux objets dans un troc.L'accumulation de cette monnaie par certains, qui leur permet alors d'acheter le travail d'autres personnes.La constitution de fortunes suffisantes pour permettre l'investissement (prêter de l'argent à intérêt pour une activité économique).Lors des crises économiques, cette triple nature de la monnaie est mise en évidence: la confiance en la monnaie diminue, les estimations sur la conjoncture future deviennent pessimistes, et le crédit d'investissement se tarit (3). Ce tarissement du crédit entraine une chute de l'activité, et donc de l'emploi (2). Dans leurs phases ultimes, les crises économiques se caractérisent par une perte de confiance totale en la monnaie et par le retour à des pratiques de troc pour les échanges (1). Ainsi, la monnaie ne diminue pas l'asymétrie ou la violence éventuelle des rapports sociaux, elle les dilue dans l'ensemble du corps social usager de cette monnaie.
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